L'argument de base que les pirates utilisent pour justifier le fait qu'ils sont pas de vulgaires voleurs (ce qu'ils sont) est que «je ne vole pas vraiment : de toutes façons je n'aurais pas acheté». Tout le monde sait quoi penser du toxicomane qui n'en est pas un parce qu'il s'arrête quand il veut, mais passons. Analysons pourquoi le fait de n'avoir pas l'intention d'acheter diminue la gravité du vol.

Si je vole un article étiqueté à 20 euros dans les rayons du supermarché, nous sommes d'accord que le supermarché a un préjudice. Mais si on réfléchit bien, étant donné que je n'avais pas l'intention de l'acheter, le préjudice n'est que le prix coûtant de l'objet, soit peut-être 5 euros; et non 20. À partir de là, les voleurs de logiciels, de musique ou de films avancent l'argument du numérique : le prix coûtant de l'objet est nul. Le coût du développement ne compte pas dans le vol parce que je ne l'aurais pas acheté.

Or dans un pays civilisé, on ne peut pas faire de procès d'intention et le doute doit toujours profiter à la défense. Donc tout voleur plaidera «je ne l'aurais pas acheté», et le juge sera obligé de le croire. Il ne sera donc JAMAIS question, dans un procès pour vol, de baser l'accusation sur le prix d'achat de l'objet volé; nous ne devrions jamais compter plus que le prix simple de fabrication de l'objet volé. Ce prix est nul dans le cas de biens numériques, d'autant plus que le voleur fournit lui-même le CD vierge, le matériel de gravure ainsi que la bande passante pour le téléchargement.

Donc je pense que le maître achat est le vol de portables : en volant un ordinateur portable, on peut gagner jusqu'à 2500 euros, tout en ne risquant un procès que pour 50 euros au maximum ... et franchement qui va faire un procès pour 50 euros ?