J'ai récemment eut une altercation à propos du Code de Vinci (le film, mais je ne me fais aucune illusion quant au livre). Après l'avoir vu, j'ai décrété que c'était un mauvais film. Il n'y a strictement rien de bon, aucune imagination particulière. L'histoire, la mise en scène, les rebondissements, la soit-disant surprise de la fin; tout est banal. Il ne s'agit que d'un film supplémentaire basé sur la théorie du complot qui n'a rien d'autre que l'idée de mettre l'Église en scène plutôt que l'entourage du président américain.

À ce qu'il paraît, je n'ai pas le droit de dire que ce film est mauvais. Je dois dire que je ne l'aime pas. Et pourquoi donc ? En vertu que d'autres l'ont aimé ? Hélas les mêmes personnes qui disent "moi j'ai bien aimé ce film, donc on n'a pas le droit de dire qu'il est mauvais, c'est juste une question de goûts" ne se privent pas de dire que la nourriture nord-américaine est dégueulasse, malgré que des centaines de millions de personnes en consomment sans se plaindre.

Tout est donc une question d'éducation. Quand on fait l'effort d'apprécier l'art dans quelque chose, on finit par avoir une capacité à distinguer le bon du mauvais. Personne en naissant n'est capable de faire la différence entre un bon vin et un vin médiocre; ce n'est pas pour cela que la différence n'existe pas. Avec un peu d'efforts et d'éducation, on finit par être capable de dire que tel vin est meilleur qu'un autre là où des ignares comme moi ne voient aucune différences.

Là dessus, je le répète : le Code de Vinci est un mauvais film tandis que 2001 l'odyssée de l'espace est un bon film. Pour aimer le Code de Vinci, il y a la condition nécessaire de débrancher son cerveau et de ne se poser aucune question. Alors oui, il y a moyen d'aimer regarder ce navet, au sens que ça remplit une soirée; exactement comme il y a moyen d'aimer la nourriture du Mc Donalds au sens où ça remplit l'estomac; mais il n'en reste pas moins que le Code de Vinci ne fait qu'appliquer des lieux communs des techniques cinématographiques, tout comme le MacDo ne fait qu'appliquer des recettes de réussite commerciale qui ne font pas de leurs nourriture de la bonne nourriture pour autant. Il est également possible de ne pas aimer 2001, mais là c'est une question de goûts : il n'en reste pas moins qu'il faut de la mauvaise foi pour nier que l'histoire, la mise en scène et la chute finale de 2001 témoignent d'une maîtrise de l'art cinématographique rarement atteinte dans l'histoire.

C'est quand même marrant que tout le monde soit d'accord qu'il existe de bons et de mauvais vins, que dans ce cadre les ignares acceptent volontiers que "je ne suis pas capable de faire la différence entre un bon et un mauvais vin"; alors que dans d'autres domaines tels que le cinéma ou la musique, il est tout d'un coup interdit de faire la différence entre le bon et le mauvais sous peine de passer pour snob ou prétentieux.